6 mois, et une fois de plus on me retourne le couteau dans la plaie.
Situation: il y a presque 2 ans je me suis installée dans une résidence, dans un quartier pas trop dégueu de ma ville natale. 3 mois plus tard je constatais une effraction de ma boîte aux lettres. Et ce n’était que le début…
Les choses n’ont fait qu’empirer, et pas seulement pour moi: une voisine a dû remplacer la porte de sa propre boîte aux lettres, qui pouvait être vandalisée jusqu’à 3 fois par semaine. Une voiture a été cambriolée ainsi qu’un appartement du rez de chaussée. Des ouvriers, venus l’été dernier poser du carrelage dans les couloirs, et dont le camion était dans le parking de la résidence, se sont vus dépouillés de l’argent qu’il contenait. Plusieurs garages ont été pillés de tout ce qui peut être revendu, même s’ils étaient fermés à clé.
L’agence qui gère la résidence est impuissante et le peu de solutions qu’elle met en place ne servent à rien. Nous ne le savons pas encore, mais le ver est dans le fruit.
Pendant ce temps, ma boîte aux lettres continue d’être régulièrement visitée, ainsi que mon garage. Je ne fais désormais plus déposer aucun colis dans la première, et n’entrepose rien dans le second.
Mais ça se complique…
Au printemps dernier je découvre que des chèques, pour une valeur de 220 €, ont été débités de mon compte en banque. Le problème: je n’ai pas de chéquier !!!
Je me rends à la banque où j’apprends qu’un chéquier m’a été envoyé par courrier, chez moi, il y déjà plusieurs mois. Je ne l’ai jamais reçu. Cela explique pourquoi ma boîte aux lettres continue d’être ouverte alors qu’a priori rien ne pouvait plus intéresser le voleur !
N’attendant pas de moyen de paiement, je n’avais donc aucune raison de m’alarmer. Le pillard s’est donc servi, et a attendu les beaux jours pour faire ses courses à mes frais.
Je file à l’hôtel de police où je porte plainte: vol et utilisation frauduleuse de chéquier, puis donne les justificatifs à la banque. Affaire classée, allez, d’ici une bonne semaine je m’en serai remise…
Mais ce n’est que le début d’une long calvaire. Un chéquier tout neuf à écouler, ça peut mettre du temps ! Je commence à recevoir des courriers de la banque: rejets de chèque, avec les dates, les sommes… Pas de panique: ce sont des envois automatiques, il ne peut rien m’arriver puisque j’ai fait les démarches nécessaires. Mais quand même, ça fait mal !
Je reçois aussi des courriers: Monsieur X qui a reçu un chèque qu’il ne peut encaisser et qui me le renvoie: maintenant c’est certain, il ne s’agit pas de moi, cette écriture, et pire encore, la signature, ne sont pas les miennes !!!!!
Je craque, j’aimerais que cette histoire appartienne au passé et ne plus en entendre parler…
Un autre courrier m’arrive: la personne me dit qu’elle ne peut encaisser le chèque car il y a opposition dessus pour utilisation frauduleuse, et me demande comment je vais le payer. Et puis quoi encore ?
Mon père m’appelle un jour pour m’informer qu’un homme l’a contacté par 2 fois pour les mêmes raisons. Je n’en reviens pas: ce mec est allé jusqu’à fouiller dans l’annuaire pour me retrouver !
Au bout de 3 mois c’est par téléphone que ça se passe: une banque m’appelle, son client a reçu un chèque, la conseillère a pris connaissance du problème et l’en a informé, mais souhaitait m’en parler, pour s’assurer qu’il s’agissait bien du litige en question. Ok…
A peine ai-je raccroché que mon téléphone sonne à nouveau: c’est ledit client ! Ce monsieur me pose le truc: il a trouvé mon numéro sur internet (j’ai une boutique en ligne), d’après lui j’ai acheté un jeu sur un site internet, c’est mon fils qui a fait la transaction par téléphone et le colis a été envoyé chez moi. Là je tombe des nues… Et d’abord, je n’ai pas de fils !
Il me donne des détails, m’explique que le jeune homme qui lui a acheté son bien l’a contacté par téléphone, en numéro masqué, a voulu conclure l’affaire tout de suite, sans laisser son numéro de téléphone ou un message de confirmation. Il donne mon nom de famille et mon adresse, correspondant donc à ce qui est écrit sur le chèque de règlement qui suivra.
Intraçable…
Dans ma tête c’est la folie: ma boîte aux lettres continuellement défoncée, une conversation avec mon voisin de pallier qui m’a dit un jour qu’il avait chopé un gars de l’immeuble en train de voler du matériel dans son garage, qu’installé depuis plusieurs années il a constaté que les problèmes ont commencé quand celui-ci a emménagé, qu’il est très bien connu des forces de police pour ce genre d’histoires…
Tout ça mis bout à bout, en plus de ce que la personne que j’ai au téléphone m’apprend, font des coïncidences trop nombreuses.
Je suis toujours au téléphone, le vendeur ne me lâche pas, il a du mal à croire à cette histoire et s’assurer que je suis de bonne foi. Je lui raconte tout ce que je sais, j’ai d’autres preuves sous les yeux, et comme lui, les vendeurs sont choisis à plusieurs centaines de kilomètres de ma ville. 20 mn plus tard nous en restons là.
Enfin, pas tout à fait: pendant près d’une semaine il m’envoie des sms quotidiens pour savoir si la police a des pistes, si elle va faire quelque chose etc…
Je craque. Je sais très bien qu’il ne reverra ni son argent ni son bien, mais puisqu’il ne veut pas m’entendre, je vais lui dire avec les mots de la police. Je retourne les voir, et sur les conseils d’un avocat, je me présente à l’hôtel de police pour porter plainte pour usurpation d’identité.
L’agent qui me reçoit pouffe. Face à ma détresse, aux sanglots dans ma voix, aux courriers des autres vendeurs, il se moque de moi, m’envoie balader. Il aurait fallu que je prenne le voleur la main dans le sac pour me pouvoir déposer une plainte. Je n’ai que des soupçons ? Alors au revoir mademoiselle !
Mais quelqu’un me harcèle ! Je m’en sors comment ? “Vous lui dites que vous avez fait les démarches auprès de la police et de la banque contre le vol du chéquier et que cela ne vous concerne donc plus. Il n’a qu’à déposer plainte contre X pour le vol de son bien. Et s’il continue de vous ennuyer, dites lui que vous porterez plainte contre lui.”
J’envoie un sms à mon correspondant: “je sors de l’hôtel de police, j’ai fait le nécessaire de mon côté donc je ne suis plus concernée, laissez moi tranquille.”
Le sms que je reçois en réponse prouve à quel point il est énervé et ne veut pas lâcher l’affaire. Il veut ses 37 € !!!!
Comment lui expliquer que ce ne sont QUE 37 € ? d’autres personnes ont reçus des chèques allant jusqu’à 165 €, alors prends ta leçon et passe à autre chose mon gars !!
Je ne lui explique rien du tout, je prends peur face à sa réaction. Dans une heure j’aurai changé de numéro de téléphone, je ne prendrai pas le risque que d’autres vendeurs-victimes me contactent.
C’est la fin de l’été. Je ne reçois plus de courriers de la banque depuis quelques semaines et m’en trouve soulagée. Mais ce n’est que pour reprendre de plus belle: plusieurs lettres par semaine, contenant les dates et montant de plusieurs chèques à chaque fois… Ca ne finira donc jamais !!
Je croise mon voisin de pallier un peu plus tard qui me demande si je suis toujours embêtée. Je lui résume très vite la situation et lui de conclure: “Rien d’étonnant, il a fait de la prison cet été !”.
Depuis, le chéquier est largement utilisé, et il y aune semaine ou deux j’ai cru qu’il était enfin épuisé… Mais encore aujourd’hui je suis obligée d’admettre que ce n’est pas fini: cette fois quelqu’un a appelé chez mon frère pour me retrouver et se faire payer.
Je craque (3e volet).
Un salaud qui vit tout près de chez moi, des représentants de la justice qui regardent ailleurs quand je demande de l’aide, des personnes dupées, et pourtant informées du problème par leurs banques, qui se comportement comme des connards au point d’emmerder ma famille…
…
Début 2010, après plusieurs drames, des échecs professionnel et personnel, et supportant un lourd passé de dépression chronique, j’ai essayé de m’ôter la vie. Le retour à la vie en société m’a été très pénible et je fournis encore de nombreux efforts pour ne pas lâcher prise.
N’ayant plus les moyens de garder mon appartement j’ai atterri ici. Nouveau cadre, nouvelle vie, nouveau départ…
Quelle blague.
Je m’accroche toujours à l’idée que c’est bientôt fini: le voleur doit enfin être venu à bout du chéquier, et d’après mon voisin de pallier il doit retourner au frais le mois prochain. Il ne me reste plus qu’à attendre le 1er janvier prochain, date à laquelle mon compte en banque sera clôturé définitivement !
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On imagine pas les conséquences qu’un vol de chéquier peut avoir… Pensée à tous ceux qui sont victimes du vol de leurs moyens de paiement, et davantage aux victimes d’usurpation d’identité (plus de 200 000 en France par an), je n’ose même pas imaginer le cauchemar que vous devez vivre !!!!!!!!!