Cela fait trop longtemps que j’y pense, il est temps d’en parler, ou de l’écrire.
Hier soir j’en ai pris la décision. Même si ça ne changera rien à la situation…
J’ai commencé par me demander ce que je vaux, pour moi et aux yeux des autres. En répertoriant les propos de mon entourage, il apparaît que mes plus grandes qualités soient la sensibilité et la générosité. Et j’ai recommencé à pleurer…
Je n’ai aucun diplôme, pas de travail, aucun talent.
J’ai énormément de difficultés à entretenir des relations, amicales ou amoureuses.
Je manque de courage, suis feignante.
On m’a donné un toit, un voiture. Je n’ai rien acquis par moi-même. Vous regardez ces quelques meubles ? Oui je me les suis offerts grâce à mon dernier emploi. Et après ? Ils ne représentent vraiment pas grand chose…
Alors… sensible et généreuse sont des mots qui ne m’apportent aucun réconfort. Tétanisée par ma douleur je n’arrive pas à comprendre, à réagir et à décider de ce que je dois faire. Toutes les preuves d’affections dont je suis capable sont matérielles, je ne trouve pas d’exemple où j’ai pu faire quelque chose pour quelqu’un autrement.
Je vis dans une cage dorée qui perd de sa splendeur.
J’ai tellement pris l’habitude de vivre sans rien faire, d’avoir une hygiène de vie inexistante que je ne sais même plus comment rattraper ça. Je n’ai aucun horaire pour rien. Je dors quand j’ai sommeil, mange quand j’ai faim… Et si je me sens seule ou étouffée chez moi, je sors, généralement pour aller chez mes parents.
Voilà ma vie.
Je fréquente quelqu’un dont je ne suis pas amoureuse et qui s’entête à rester avec moi parce que, je cite: “t’as beau être très chiante parfois, je ne trouverai jamais une fille comme toi !”
Une fille comme quoi ? Qui ne gagne pas sa vie ? Qui n’a rien réalisé alors qu’elle a bientôt 30 ans ? Qui vit grâce à ses parents ? Qui décline la moitié des invitations qu’elle reçoit par peur de sortir voir du monde et de quitter le confort de son appartement ? Qui est tellement bordélique qu’elle n’est même pas fichue de garder son appart tout le temps impeccable ? Qui échoue à chaque fois qu’elle entreprend quelque chose personnellement ou professionnellement ? Qui a une santé et un moral en dents de scie ? Qui peut se montrer odieuse juste parce qu’elle est contrariée ? Qui refuse de prendre davantage de responsabilités et devenir raisonnable ? Qui ne sait pas s’ouvrir aux autres en faisant la part de ce qu’elle peut partager ou pas ?
Je ne sais rien faire, pour moi ni pour personne.
J’étouffe. J’ETOUFFE !!!!
Il y a des choses sur lesquelles on peut travail, et d’autres qu’il faut accepter. LESQUELLES ?? Comment savoir dans quelle case mettre les unes et les autres ? Par quoi, par où commencer ? Et comment ??
Je me noie dans une goutte d’eau amère…
3 réponses à “Remise en cause”
Nekomis
20 juin 2011 à 10 h 17
Waw! Je vient d’arriver sur ton blog et cet article me fait énormément penser à moi… Je suis dans la même situation que toi. Et j’aimerais beaucoup si tu le veut bien discuter avec toi, faire connaissance, partager nos points de vue etc.
Je continue ma visite.
A bientôt
Annan
27 juin 2011 à 13 h 36
Bonjour Nekomis !
Merci pour ton comm’, je comprends que ce soit “rassurant” de savoir qu’on n’est pas seule à vivre ce genre de situations.
Je tiens tout de même à préciser que ces crises sont pour ma part cycliques, passagères, et que la majorité du temps je mène une belle vie.
Je me tiens à ta disposition au détour d’une prochain article.
Salutations !
Morrigan Darkmoon
7 juillet 2011 à 17 h 01
bon… m’en vais essayer de te donner mon avis, tu en feras ce que tu voudras, hein
1- “Qui ne gagne pas sa vie ?” -> pas si facile de trouver du boulot, et encore moins un boulot suffisamment motivant pour vouloir continuer… surtout que tu fonctionnes au ressenti (si je ne me trompe pas trop)
2- “Qui vit grâce à ses parents ?” -> conséquence logique du 1… c’est à la fois rassurant et dévalorisant, ce qui peut expliquer aussi les dents de scie dont tu parles plus loin.
3- “Qui n’a rien réalisé alors qu’elle a bientôt 30 ans ?” -> à 45 ans, je n’ai rien réalisé non plus… d’abord qui a dit qu’on devait absolument réaliser quelque chose ? c’est déjà une bonne chose, à mon sens, d’être capable de se remettre en question, ça prouve un certain éveil (et ça, sur ma liste de “réalisations”, c’est pas mal du tout^^)
4- “Qui décline la moitié des invitations qu’elle reçoit par peur de sortir voir du monde et de quitter le confort de son appartement ?” -> adepte du proverbe “mieux vaut être seule que mal accompagnée”, je ne te jetterai pas la pierre pour ça. et la peur de voir du monde est aussi une conséquence de ton mal-être, donc laisse ça de côté, ça se résoudra (ou pas) tout seul quand ce sera le moment
5- “Qui est tellement bordélique qu’elle n’est même pas fichue de garder son appart tout le temps impeccable ?” -> et alors ? le bordel, c’est la vie !! et puis après tout, ce n’est pas parce qu’on est des filles qu’on a forcément l’option “femme de ménage” intégrée.
6- “Qui échoue à chaque fois qu’elle entreprend quelque chose personnellement ou professionnellement ?” -> là, il y a très certainement un travail à faire, dans le genre affirmations positives, pour déprogrammer le “j’vais pas y arriver” qui est dans ta tête quand tu te lances dans une entreprise
7- “Qui a une santé et un moral en dents de scie ?” -> la santé joue probablement sur le moral et réciproquement. je pense que ça fait partie des “travaux” à faire en priorité
8- “Qui peut se montrer odieuse juste parce qu’elle est contrariée ?” -> Dark Annan \o/… et si je te disais de faire la paix avec ta part d’ombre ? de laisser s’exprimer ce côté “odieux” parce que plus tu lutteras contre, plus il viendra à des moments inopportuns ? je sais que ce n’est pas politiquement correct, mais à un moment donné, le politiquement correct, c’est bien de l’hypocrisie, non ? alors zou, exit les scrupules, tu as le droit d’être odieuse quand tu es contrariée !
9- “Qui refuse de prendre davantage de responsabilités et devenir raisonnable ?” -> c’est quoi, le dernier mot ? rai…??? connais pas. ;p
10- “Qui ne sait pas s’ouvrir aux autres en faisant la part de ce qu’elle peut partager ou pas ?” -> comme le 4, mais certainement, en plus, la crainte de devenir encore plus vulnérable en t’ouvrant aux autres… pas forcément une solution de faire l’huitre, mais c’est un réflexe naturel.
prescription (lol) : pendant au moins 2 semaines, quotidiennement, regarde toi dans le miroir et répète à voix haute et convaincante :”je suis fière d’être moi-même, je suis capable de faire ce que j’ai décidé de faire et je ne me laisse pas vampiriser par ce que les autres attendent de moi”. ça me semble déjà une bonne base de départ pour déprogrammer une certaine image de toi qui ne fait qu’agraver certains soucis.
si tu trouves plus facile de parler à ton reflet à la 2e personne, n’hésite pas, mais j’insiste, il faut que ta voix soit ferme et convaincante pour briser le blocage psychologique (car c’en est un) qui fait que tu te dévalorises.
c’est une technique que j’ai utilisée à de nombreuses reprises, et que j’utilise régulièrement quand les “j’suis rien, j’vaux rien” reviennent me mettre le moral à zéro. au début il y a des résistances (on ne croit pas à ce qu’on dit), mais petit à petit, ça fonctionne =)
et bien sûr, si tu as envie de papoter, n’hésite pas… gros bisous