Mes amis me manquent.

De nature “ours mal léché qui limite ses sorties dans le monde”, les réseaux sociaux sont un moyen efficace pour moi de rester en contact avec mon entourage.

Sauf que j’ai disparu un jour sans prévenir, et que je ressens de plus en plus le besoin de retrouver mon petit monde.

Mais il est encore beaucoup trop tôt…

Cela fait des mois que je me fais discrète, rien que dans mon immeuble. Plus de nom sur la sonnette, plus de nom sur la boîte aux lettres, ma voisine pensait d’ailleurs que j’avais déménagé. J’ai changé de numéro de téléphone durant l’été, et mon courrier est transféré ailleurs.

Mais le répit que cela m’a apporté ne fut que de courte durée et la paranoïa a remplacé la sérénité suite à un événement inattendu. J’ai clôturé mes comptes sur les réseaux sociaux et ma boutique en ligne. J’ai juste disparu.

Curieux non ? Qu’est-ce que j’ai bien pu faire pour adopter un tel comportement ? Me suis-je mis hors la loi, et me cache pour échapper à la justice ? Y a-t-il un contrat sur ma tête ? Suis-je poursuivie par la mafia ?

Rien de tout cela ! Un escroc s’est installé dans mon immeuble et m’a volé un chéquier dans ma boîte aux lettres. Après s’en être largement servi pour acheter des biens via le net, en se faisant passer pour un membre de ma famille et en récupérant les colis dans ma boîte, c’est Bibi qui récolte les merdes: courriers, appels téléphoniques, mails de plainte et de menace, allant jusqu’au harcèlement de la part des vendeurs bernés.

La banque peut bien leur expliquer que les chèques reçus ne peuvent être encaissés au motif  de vol et utilisation frauduleuse, ils ne l’entendent pas ainsi et tentent coûte que coûte de retrouver le propriétaire pour lui dire leur façon de penser !

Après un premier épisode cet été qui m’a donné des sueurs froides, le dernier zozo qui m’a contacté m’a poussé à la crise d’hystérie. Il m’a tellement foutu la trouille que j’ai disparu juste après et que depuis lors je suis complètement parano !!

Je n’ai pris le temps de prévenir personne. Les jours qui ont suivi ont été pénibles et mes pensées délirantes. Changer de nom, changer de ville, partir, fuir. AU SECOURS !!

Finalement j’ai pris un pseudo et suis retournée sur mon réseau social préféré, celui-ci m’offrant le loisir d’un jeu qui me détend énormément. Il n’était pas question de dévoiler ma nouvelle identité à l’un de mes proches et donc de chercher à reprendre contact via ce compte. Mais les semaines passant ça a commencé à être dur et mes amis me manquaient. J’ai alors osé envoyer un message à une personne, puis deux, puis trois… “Coucou c’est moi, chut !”.

Mais je me sens ridicule, maladroite. C’est quand même pas simple de revenir sous un faux nom, surtout quand vous l’avez pris pour vous protéger et passer incognito. Il sert à quoi si tout le monde le connaît ? Et puis question simplicité on a fait mieux. Je veux retrouver mes amis, ma famille, sans avoir à justifier une identité qui sort d’ils ne savent où.

Les quelques personnes que j’ai recontacté ont été surprises. “T’avais disparue, t’étais plus dans mes contacts, plus de nouvelles…” Certains s’amusent du nom que je me suis choisi, d’autres posent des questions. Et je me justifie…

Culpabilité, insécurité, injustice, impuissance… Vivement que je décroche de tout ça !!